Riche arabe
Discrets au Maghreb, insolents au Machrek : Les milliardaires arabes, un par un
Kamel Daoud, Le Quotidien d'Oran, le 30/06/2008 à 14:52
Si l’économie des pays arabes reste «pauvre» malgré les prix du pétrole, les Arabes très riches se portent mieux malgré les conjonctures. Dans le Palmarès des fortunes arabes les plus spectaculaires, on retrouvera des noms connus, d’autres pas mais surtout une constante: les milliardaires font florès dans les pays libéraux du Proche et Moyen-Orient, ils restent anonymes et discrets dans les pays post-socialistes du Maghreb.
Réponse d’un homme d’affaires de la place: «Les deux seuls pays de la région qui auraient pu figurer dans ce classement sont l’Algérie et la Libye, qui ont d’importantes ressources en hydrocarbures. Or, ces deux pays ont longtemps opté pour une économie de type socialiste ou socialisant, qui empêche l’émergence d’un secteur privé digne de ce nom et, par conséquent, la constitution de grandes fortunes». Même les méga-conversions vers la société du marché libre et du libéralisme contrôlé depuis la fin du siècle dernier n’ont pas réussi à «décomplexer» les fortunes en Algérie ou en Libye par exemple, tout autant qu’en Tunisie. Les hommes les plus riches de la région ne font même pas partie du way-of-life local et sont encore souvent stigmatisés lors des cycles de crispations de gouvernance et des retours en mode des économies dirigées et assistées.
La liste des dix première richesse arabe
téléphonie, bâtiment, hôtellerie, loisirs, banques, médias ou équipements spécialisés entre autres qui ont fait des «Arabes heureux» comme la longue liste illustrative et documentée sur les bio-express, rendue publique dans les pages du magazine américain de référence, Forbes.
Les Algériens peuvent la lire et la relire avec intérêt, d’autant plus que certains labels ne leur sont pas étrangers depuis quelques années déjà.

1- Prince Al Walid Ibn Talal Al Saoud
Avec 20 milliards de dollars, cet homme d’affaires de 49 ans est certes un héritier, puisqu’il est le petit-fils du roi Abdelaziz, fondateur du royaume d’Arabie Saoudite, et le fils de Talal Ibn Abdelaziz Al Saoud. Il n’en est pas moins un self-made-man, puisqu’il a su faire fructifier sa fortune initiale en faisant des bons investissements, notamment dans Citigroup, alors que l’entreprise financière était en difficulté. Diplômé en arts et sciences de Menlo College et de Syracuse University, cet homme, divorcé et père de deux enfants, est aussi un grand bienfaiteur et un défenseur de l’Islam. En décembre 2005, il a fait don de 20 millions de dollars aux universités de Harvard et Georgetown aux Etats-Unis afin qu’elles puissent développer leurs départements d’études islamiques. En janvier 2006, Al Walid a annoncé le rachat, avec d’autres partenaires, de la chaîne Fairmont Hotel & Resorts pour un montant de 3,9 milliards de dollars. En février, son groupe, Kingdom Holdings, a été introduit à la Bourse de Dubaï. Il prévoit de l’introduire aussi à la Bourse d’Arabie Saoudite au cours de l’année prochaine.
2- Nasser Al Kharafi & family

Avec 12,4 milliards de dollars, cet homme d’affaires koweïtien de 62 ans a construit sa fortune - c’est le cas de le dire - grâce au bâtiment. Marié mais sans enfant, il a accru sa fortune de 4,3 milliards de dollars en un an grâce au dynamisme économique de son pays, qui passe actuellement par une période faste. Sa holding, M.A. Kharafi & Sons, est constituée de nombreuses entreprises, notamment Mobile Telecommunications Co., National Bank of Kuwait, et Americana, une chaîne de fast-food. Al-Kharafi est un inconditionnel de la BBC. Son frère aîné, Jassim, est membre du Parlement koweïtien. Sa soeur Faiza est présidente de Kuwait University. Son entreprise a des contrats de construction en Irak. L’homme d’affaires a déboursé récemment quelque 250.000 dollars pour sponsoriser les Kharafi Kings, une équipe de softball (un genre de base-ball joué avec une balle plus grande et plus molle), qui fait appel à des joueurs américains.
3- Sulaiman Bin Abdul Al Rajhi


4- Mohammed Al Amoudi
Ce self-made-man de 60 ans a amassé une fortune estimée à 6,9 milliards de dollars grâce au boom pétrolier. Marié, mais sans enfant, cet Ethiopien de naissance devenu citoyen saoudien a amassé sa fortune en construisant des raffineries pétrolières. Son entreprise Svenska Petroleum fait de l’exploration pétrolière de la mer du Nord à la Côte d’Ivoire. Il est aussi le plus important investisseur privé en Ethiopie, actif dans l’hôtellerie, l’exploitation des mines d’or et la production alimentaire.
5- Abdul Aziz Al Ghurair & family

6- Saleh Kamel

7- Onsi Sawiris

8- Saâd Hariri

9- Abdullah Al Rajhi
Ce banquier saoudien, dont la fortune s’élève à 3,8 milliards de dollars, marié et sans enfant, est le principal actionnaire de Al Rajhi Bank, qu’il possède avec ses trois frères (Sulaiman Bin Abdul Al Rajhi, Saleh Bin Abdul Aziz Al Rajhi et Mohammed Abdul Aziz Al Rajhi). Il possède aussi Al Rajhi Factories qui fabrique divers produits en PVC (polychlorure de vinyle), comme les tuyaux ou les bouteilles d’eau minérale.
Khalid Bin Mahfouz & family
Agé de 59, ce Saoudien, basé à Djeddah, qui a fait fortune dans les activités financières, est marié et père de trois enfants. Ses parts dans la Saudi Arabia’s National Commercial Bank s’élèvent à 1,8 milliard de dollars. Avec ses deux enfants, il dirige Capital Investments, un groupe d’investissement basé à Djeddah, qui a des intérêts importants dans l’immobilier et les activités bancaires. Il y a quelque temps, cet homme d’affaires prospère, qui a des relations personnelles avec le clan Bush, a gagné son procès en diffamation contre l’écrivain Rachel Ehrenfeld et l’éditeur Bonus Books, qui l’avaient accusé, ainsi que ses fils, de financer des organisations terroristes. La Haute Cour de justice britannique (English High Court Judgment) lui a donné raison.
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